Takuetsu no gakuen


 
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Rencontre... explosive. [TERMINÉ]

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Naomi Benedetti
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Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Vide
MessageSujet: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptyJeu 28 Jan - 23:08

Rendez vous à la salle de classe.

C’était un peu vague, non ? En premier lieu, je n’avais pas fait attention au peu de détail que l’Anita m’avait donné. Mais j’avais bien sûr fini par me rendre compte que ce rendez-vous était d’une rare imprécision. Cogitant, je m’étais tout d’abord demandé où aller. Les salles de classes oui, mais lesquelles ? J’avais évidemment pensé à celles du collège en premier. Mais était-ce vraiment logique ? Non. Anita Lesnicki ne savait pas en quelle classe j’étais. Elle ne connaissait même pas mon visage. Oh, elle devait l’avoir déjà vu, au détour d’un couloir. Je me souvenais parfaitement de ce moment-là de ma vie à l’académie, pour l’instant encore brève. L’aura de la lycéenne m’avait tapé amèrement à l’œil, ravivant en moi le feu douloureux des souvenirs. L’aura était le même, exactement le même, que celui que j’avais vu autour de mon frère, la dernière fois que je l’avais vu. La seule fois où il ne se servit pas de son pouvoir pour tromper le mien, la seule fois où je vis son réel aura. Et là, plus de trois ans plus tard, ce maudit aura ressurgissait. Autour d’une fille à peine entrevue, croisée dans un couloir, parmi tant d’autre. Mais la seule à porter le même aura que mon frère. Immédiatement, je la détestai. Avoir le même aura qu’Enzo lorsqu’il était sur le point de me tuer, c’était impossible de ne pas être… sadique. Faux. Manipulateur.

S’ensuivirent de nombreuses journées (et nuits) de recherche. Qui était cette fille ? Une visite clandestine du complexe des enseignants s’est imposée. A mes risques et périls, avec pour seule raison un aura flou, j’étais allée en pleine nuit fouiller dans les papiers de la secrétaire. C’était dingue, j’en avais été consciente. Ou pas. Il fallait que cette fille paye, qu’elle paye pour mon frère. Elle était comme lui, j’en été persuadée. Les papiers que je pu voir m’apprirent pas mal de choses. La demoiselle se nommait Anita Lesnicki, mais préférait être appelée Needy. Comme sa taille avait pu me le faire deviner, elle était au lycée. Je ne retins pas son âge, juste son visage, son prénom « secret » et son pouvoir. L’invocation d’un bâton de combat. Rien à voir avec le psychique, je n’avais donc pas à m’en faire quant à la qualité de ma vision. Néanmoins, il me faudrait être sur mes gardes : un bâton de combat pouvait certainement faire très mal.

Voila, on en était là. Un rendez-vous flous après un mail pour le moins provocateur. Le tatouage dans mon dos semblait me brûler lorsque je songeais à cette Anita. Il devait être midi et demie. A cette heure, tous les élèves étaient dehors, en train de manger ou de se prélasser, n’importe où dans le palace doré de Taku. Je m’en fichais, comme je me fichais de tout ce que je connaissais, ou presque. Sortant du bâtiment des collèges, je me hâtai vers celui des lycées, traversant la cour. Il faisait très froid. Le vent hivernal giflait ma figure livide et ravivait l’éclat roux de mes cheveux. J’avançais à contrevent, comme je l’avais toujours fait. Au propre comme au figuré, s’entend.

Arrivée devant la porte du lycée, je commençai à douter. Etais-je bien sûre de ce que je faisais ? Voulais-je vraiment rencontrer cette fille ? À cette dernière question, la réponse fut rapide : oui. Je tirai la porte à moi et pénétrai dans le bâtiment. Immédiatement, le froid s’en alla, remplacé par la chaleur artificielle du chauffage. Il ne faisait pas aussi froid en Italie, mais les bâtiments de l’asile étaient bien moins chouffés. Je chassai rapidement ce souvenir de mon esprit ; il n’était pas le meilleur de ma vie, mais les « bons » moments que j’avais connu remontaient à l‘époque où je ne savais rien. Je grimpais quatre à quatre les marches de l’escalier et tâchai de me concentrer sur ce que je comptais faire. A dire vrai, je ne savais pas. J’improviserai… Mais était-ce vraiment la meilleure chose à faire ?

J’arrivai finalement à l’étage, qui était si haut qu’on aurait cru côtoyer les nuages. En tendant la main, il semblait qu’on pouvait les toucher… Je détournai avec dédain mon regard des fenêtres et me dirigeai vivement vers la première porte. Heureusement, elle n’était pas verrouillée. A l’intérieur, je passai mon regard sur la pièce et remarquai quelques détails précieux : les panneaux à figures géométriques, l’équerre géante accrochée près du tableau… Difficile de ne pas deviner que je me trouvais dans une salle de mathématiques. Parfait. Pour l’instant, aucun problème – si ce n’est que j’étais dans l’improvisation totale quant à la suite des événements. Je déboutonnai mon manteau, il faisait quand même très bon ici, presque chaud. Je songeai à le jeter à terre mais me retins : j’avais encore besoin d’une chose. Je farfouillai dans mes poches et crains un instant de ne pas trouver ce que j’y cherchais. Heureusement, après une fouille minutieuse comprenant poches intérieure et extérieure, je mis la main sur l’objet rectangulaire dont j’avais besoin. Mon ketai. J’aurai été bien, si je ne l’avais pas emporté ! Tapant à toute vitesse sur l’écran tactile que j’avais encore du mal à maitriser, je commençai à écrire à ma lycéenne préférée :

Je suis dans la salle de mathématiques, à l’étage de ton bâtiment. Je t’attends.

C’était net, clair et précis. Pas besoin de discours. Anita était, d’après moi, très intelligente. Elle comprendrait le message. J’appuyai sur la touche « envoyer » avec trop de force, et l’écran émit une série de vaguelettes colorées. Je relâchai ma pression sur l’appareil et il initialisa la page, qui arborait désormais un très intéressant « votre message à bien était envoyé. ». Génial. Je n’étais pas totalement perdue finalement. J’allai enfin prendre ma revanche sur mon frère, sur ce salopard. A y réfléchir, elle n’avait pas eu tout à fait tord : j’étais rongée par la haine. Enzo avait fout ma vie en l’air après l’avoir rendu meilleur. Je le haïssais. A cause de lui… je… je l’avais tué.

Je fermai les yeux à m’en rompre les paupières et m’assis sur une chaise. Je l’attendais.


Dernière édition par Naomi Benedetti le Sam 13 Mar - 15:27, édité 1 fois
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Needy Lesnicki
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MessageSujet: Re: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptyDim 31 Jan - 16:31

    L'hiver … quelle saison incroyable. Les intempéries se succèdent. L'on peut passer d'une pluie très forte ainsi que glacée à une journée blanchie par le fin manteau de la neige qui est agréable pour une bonne partie de bataille de boules de neige ou même la confection d'un magnifique bonhomme avec une carotte pour nez et des boutons faisant office d'yeux. Le fameux haut de forme que les hommes classes portent est très revendiqué pour le placer au sommet de l'homme blanc. Les tempêtes de vent sont également assidues et amènent souvent la grêle en passant. Enfin bref, tout nous porte à dire que c'est une saison froide durant laquelle le soleil est très rare et les températures sont basses. Il faut également dire que les journées sont raccourcies et que les enfants sont peu amusés par ce désavantage. Bref, c'est une saison pas très amusante. Malgré cela, je n'étais pas dans mon lit à me prélasser agréablement sous la couette face à un bon livre. Non, c'était carrément le contraire. Je me trouvais dehors, vêtue d'un manteau chaud de couleur noire et plutôt long. J'avais aussi troqué ma fine robe noire et blanche contre d'autres vêtements plus chauds. La fraîcheur de cette période ne m'avait jamais ravie, j'étais même effroyablement nerveuse sous mon masque généreux et protecteur. L'amour que je portais aux autres se montrait plus faux que jamais. Enfin … cela exceptait une personne que je ne citerais point. Donc, je continuais une marche débutée depuis quelques temps pour me rendre aux salles de classe. Il était tôt. À vue de nez (je regardai brièvement le ciel pour déterminer l'heure, n'ayant pas envie de sortir les mains de mes poches douces et délicieusement chaudes pour lire les chiffres alignés logiquement sur mon Keitai), j'aurais dit qu'il était aux alentours de onze heures et demie. Je n'oubliais pas mon rendez vous fixé via internet. J'allais enfin savoir qui était celle qui connaissait mon secret. Pourquoi avoir fouillé dans mon dossier ? Je n'appréciais pas trop la déduction qui s'était posée dans ma tête. Mais si elle savait mon vrai prénom, celui qui, lorsque j'eus quitté ma mère à cause de l'ultimatum, fut jeté dans mon passé pour qu'il devienne Needy, c'est qu'elle avait lu mon dossier ou que Lyn lui avait dit et la trahison, je n'osais pas y penser. Enfin bon, je n'allais pas me lamenter sur mon sort. Le passé était loin désormais, je devais affronter l'avenir pour le transformer en présent. C'est donc résolue que j'avançais d'une marche plus sûre, plus déterminée que jamais vers mon destin.

    Je savais où me rendre en gros. Mais précisément, je n'aurais su le dire. Et, comme par hasard, lorsque je marchais vers les salles de classe, je sentis une vibration émanant de ma poche. Mon keitai s'était activé. J'avais reçu un mail. Au départ, je me dis que c'était inutile que je le lise. Mais après mûre réflexion, je me souvins que ce matin, j'avais quitté la chambre comme une voleuse, silencieusement et que mon aînée allait me tirer les oreilles via keitai. Je soupirai et sortit l'objet rectangulaire de mon manteau, exposant ma main gauche au froid. Sous l'effet du froid, je grimaçai. Cela n'était rien face à la grimace que je laissai se dessiner sur mon visage lorsque je lus l'expéditeur. C'était encore cette fameuse Lady Despair. Je fis rouler mes yeux dans mes orbites et lus le contenu du message. Que voulait elle ? Eh bien la réponse était simple. Elle se trouvait à la salle de Maths des Lycéens et m'y attendait. Très bien, pensais je. Rapidement, je tapotais les touches de l'appareil portable pour expédier une réponse brève à ma destinatrice.

    Très bien, je ne vais pas tarder.

    J'avais l'impression que mon nom était un secret. Pour tout le monde. Bien sûr, j'étais sûre que seules l'administration et Lyn le savait. À 100% ! Bref, je m'avançai pour entrer dans la grande bâtisse qui contenait les salles de classe du Lycée. Les étages, élevés nous donnait l'impression de toucher le ciel rien qu'en envoyant notre main du plus haut de notre bras. Ce n'était qu'une simple impression … Donc, je continuais ma marche longue qui durait depuis ce matin. J'en avais un peu mal aux pieds mais rien ne m'arrêtait, je me sentais déterminée à savoir et surtout prouver. Je n'étais pas celle que L.D croyait. Loin de là même. Après avoir déambulé une bonne partie de la matinée, ce dont je ne suis pas fan, je me trouvais devant la porte de la salle de mathématiques. C'est là qu'était fixé le rendez vous.

    Je fermai les yeux et soupirai pour jeter ma main sur la poignée avec un peu de courage. Je poussai la porte et entrai. Face à moi se trouvait une jeune fille rousse aux cheveux courts. Ses vêtements noirs ne trahissaient rien. Un mal être que j'avais reconnu lorsqu'elle m'avait envoyé les mails. Alors c'était une aussi jeune fille ? Elle devait être obstinée pour autant poursuivre ses ambitions au point de les forcer à aboutir. Je chassais ces idées et me concentrai. Si un combat devait arriver, je devais être dans les meilleures conditions. Les apparences sont trompeuses, on le dit toujours. Donc, je ne relâchais rien pour éviter d'être prise au dépourvu. Je devins impassible comme une muraille armée de canons prête à tirer sur l'ennemi. Bref, je me méfiais de la gamine rousse. Je commençais la rencontre pour éviter de paraître désintéressée par ce rendez vous. Je descendais ma fermeture, serrai le poing gauche, sur lequel se trouvait la bande que Kazuma m'avait mise pour éviter de trop saigner suite à ma rencontre étrange avec lui. J'avais légèrement déchiré le centre du pansement pour le déchirer plus facilement en cas d'affront. Mon doux souvenir fut détruit par le retour à la réalité. Je me mis donc à parler.

    « 
    Lady Despair je suppose. Pourquoi m'avoir envoyé ce mail particulier ? Tu me connais ? Une raison particulière d'avoir fouillé dans mon dossier ? Anita … personne ne le sait … mises à part toi, Lyn et l'administration. Mais le mieux est d'oublier mon prénom biologique et de me nommer par celui qui le remplace. Autrement dit, Needy. »

    La roue s'était mise à tourner. La rencontre avait débuté. Qu'allait il se passer ensuite ? J'étais impatiente de savoir. Je contenais ma curiosité afin d'éviter de presser les choses.


Dernière édition par Needy Lesnicki le Ven 5 Mar - 19:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptyDim 31 Jan - 19:45

Je sursautai lorsque le ketai vibra dans la poche de ma robe. Certainement une réponse de cette chère Anita, pensai-je immédiatement. Malheureusement, cette pensée ne réduisit pas mon état de stress, au contraire, mon cœur s’emballa lorsque je remarquais que je ne m’étais pas trompée. Elle arrivait. Je senti mon sang pulser dans mes veines, déferlant comme jamais (ou presque), une vraie cascade brulante et forte en émotions. J’avais envie de m’ouvrir les veines. Tout de suite. Ça ne pouvait pas attendre, j’en étais sure, me mutiler me soulagerai grandement. Je me sentirai tellement mieux après ; après, je pourrais affronter cette Lesnicki sans peur… Je me mis illico à farfouiller dans les poches de ma veste. Deux paquets de mouchoir – utiles, en ces temps de grand froid et, bien entendu, de rhume –, un petit carnet orange, quatre rubans noirs de rechange, une aiguille, deux coquillages, une bobine de fil noir, un paquet d’aspirine, un autre d’Advil, une boite entière de pansements et bandages… mais pas de couteau suisse. Pas de cutter non plus, pas même de coutela. Cette déception m’arracha un grognement bestial, qui ne tarda pas à se muter en cri de rage. Je mordis mon poing, pas assez fort toutefois pour réussir à percer ma peau. En guise de substitut au couteau prévu, j’utilisai mes ongles sur ma paume de main gauche, griffant juste assez fort pour ouvrir une minuscule fissure près de mon pouce. Aussitôt, je cessai de m’activer sur ma peau et contempler le spectacle, le miracle de la vie. Penchée sur ma bénigne blessure, j’observai avec délectation. Rapidement, le trait s’emplit d’un rouge bordeaux, vif, pur, et un minuscule rond de sang se forma. La goutte se détacha du reste de l’ouverture et vint couler sur mon poignet, avant de tomber au sol dans un doux silence. Voila. Cette goutte de sang à elle seule avait réussi à me calmer. Derechef, je plongeai une main dans mes poches – la main droite, je gardai l’autre bien perpendiculaire au sol, évitant de faire couler le sang – à la recherche d’une petite boite blanche. Je la trouvai rapidement et en extirpai – toujours avec une main s’entend – un pansement, que j’arrachai à son contenu avant de l’aplatir délicatement sur mon éraflure, l’air de sceller un coffre précieux. Mystérieusement, c’était le cas. Depuis mon arrivée je n’avais pas fait usage de mon matériel, depuis mon arrivée je ne m’étais pas scarifiée, mutilée, ou seulement blessée. Voila, ma toute première blessure faite à Takuetsu. Rien que pour ça, Anita Lesnicki déchainerait également la colère de Mademoiselle Plume ; l’idée que je m’inflige du mal ainsi ne lui avait jamais plu, même si je ne l’avais guère revue depuis mon entrée à l’asile. De temps en temps elle venait me rendre visite, mais au fil du temps, elle s’était lassée, et mon comportement de plus en plus dangereux fini par conduire à la prescription des visites. Bien sûr. J’étais trop dangereuse pour les éventuels visiteurs, je pouvais les tuer, qu’ils disaient… Ah ! l’aimable puissance tirée de cet enfer, l’aimable sensation que d’inspirer l’effroi… pour un temps, j’en avais tiré du plaisir. A force de souffrir, j’en avais tiré parti, j’y avais trouvé, comment dire… un bon coté, oui, c’est ça, j’y avais trouvé un bon coté. Bien sûr, je ne me plaindrai jamais d’être sortie de là. On pense que les gens envoyé à l’asile sont fous, mais c’est l’asile qui rend fou. Sur tous les patients, je suis sure que seuls quelques uns étaient vraiment barjos. Mais la folie, c’est comme toutes les maladies contagieuses, à force de côtoyer des gens qui en sont atteint, on fini par l’attraper…

Je m’étais rassise sur l’une des chaises, que j’avais tournée face à la porte. Je n’étais plus tellement nerveuse. Mes mains sagement posées sur mes genoux, le regard impassible, le visage fermé. Parfait. Mon expression était plus froide que celle de n’importe qui, ce qui m’allait très bien. Malgré le léger élancement qui restait sous mon pansement, mon cœur fit un bond marqué lorsque j’entendis les pas dans le couloir. Elle était si proche… mon cerveau s’emballa un quart de seconde avant que je ne me ressaisisse. Je me concentrai sur la haine que j’éprouvais à l’égard de mon frère, une haine fortement alimentée par l’amour inconditionnel que je continuais d’avoir pour lui. Heureusement, je n’eus pas le temps de me replonger dans mes souvenirs, car quelque chose de plus important se produisait. La poignée était en train d’être abaissée. Je savais ce que ça signifiait et, malgré tout le stress que je m’étais préparée à ressentir, je n’étais que prête, enfin prête à affronter celle que je connaissais comme la doublette d’Enzo. C’était sur elle que j’allais enfin me venger. Mais je ne la tuerais pas, ça, j’en étais certaine. Je ne voulais pas tuer une nouvelle fois mon frère, je ne voulais pas endurer de nouveau la souffrance des regards accusateurs. Je voulais… Je me surpris moi-même à songer que je voulais juste comprendre ce qui se passait dans la tête d’Anita, donc ce qui s’était passé dans la tête d’Enzo du temps où il était là. C’était bien moins pire que ce que je croyais vouloir quelques minutes plus tôt : qu’elle souffre. C’est à cette brève pensée qu’elle entra dans la pièce. Elle était encore plus… belle que dans mes brefs souvenirs. Dans ceux-là, je ne m’étais concentrée que sur sa maudite aura. Aujourd’hui que la brume autour d’elle, bien différente que celle qu’elle arborait lors de notre première entrevue, traduisait juste méfiance mêlée et curiosité. Je souris faiblement, en coin, bien aise que la lycéenne n’adopte pas son habituelle attitude faussement bienfaitrice. Aussitôt que je repensais à ça, mon tatouage m’élança bien plus encore que mon éraflure et ma haine envers la brune reprit. Mais je ne laissai rien paraître et écoutai ce qu’elle me servait :

« Lady Despair je suppose. *Tu suppose bien* répondis-je en moi-même. Pourquoi m'avoir envoyé ce mail particulier ? Tu me connais ? Une raison particulière d'avoir fouillé dans mon dossier ? Anita … personne ne le sait … mises à part toi, Lyn et l'administration. Mais le mieux est d'oublier mon prénom biologique et de me nommer par celui qui le remplace. Autrement dit, Needy. »

Je laissai filtrer une petite moue durant son récit. Mes sourcils s’arquèrent lentement tandis que j’assimilais tout son petit blabla. Une fois que ce fut fait, je réajustai ma position sur ma chaise, pour en adopter une plus confortable. Avant toute réponse, je lui demandai – ou imposai, cela dépendait du point de vue :

« Verrouille la porte. S’il te plais. », ajoutai-je.

Je ne voulais pas provoquer sa colère. Je ne voulais pas engager un quelconque combat – je savais bien que je perdrai. Je n’étais pas en mesure de me battre face à une maîtresse et invocatrice de bâton de combat. J’inspirai profondément, m’apprêtant à tout expliquer à Needy. Ce surnom était plutôt chouette, mais il avait une sonorité un peu trop… gentille, amicale.

« Mon don consiste à… à voir les auras des gens. Je suppose que tu as déjà entendu parler des auras : une sorte de brume coloré qui change de couleur et d’intensité selon l’état d’esprit de la personne. Dans un couloir, je t’ai aperçue et j’ai surtout aperçu ton aura. Il était… exactement comme celui de mon frère la dernière fois que je l’ai vu. Je ne vais pas t’expliquer dans les détails, ça risquerait de prendre du temps, mais, pour faire court, mon frère m’a manipulée tout le temps où il fut avec moi. Mais lui bénéficier de son propre don : il pouvait brouiller ma perception et se créer une aura ne traduisant pas ce qu’il était vraiment. La seule fois où je pu voir sa réelle aura, elle était – je te l’ai déjà dit – la même que celle qui t’entourait lorsque je t’ai vue. Je pense que tu devine la suite. Comme tu l’as dores et déjà suggéré, c’est aveuglée par la haine que j’ai fouillé dan ton dossier. Au début, je voulais te faire… payer pour ce que m’avait fait mon frère. Mais maintenant, je désire juste comprendre, comprendre ce qui se passe dans ta tête. »

C’était une supplication. Je me l’avouais avec amertume, mais c’était vrai. Bien camouflée, ce rendez-vous était un prétexte pour demander une faveur à la Needy que je voulais, au départ, mépriser. Allait-elle accepter ? Je tergiversais mentalement pour savoir si je voulais ou non qu’elle accepte.
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MessageSujet: Re: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptySam 6 Fév - 18:03

    Qu'est-ce que la confiance ? En général, on dit que c'est le sentiment qui nous permet de confier des secrets aux autres. Lorsque l'on est ami avec quelqu'un, on ne lui fait pas forcément confiance car au fond, on a conscience qu'il est possible, dans un futur proche ou lointain, d'une quelconque trahison. Certes, ce n'est pas très joyeux comme avenir mais il est souvent réel. Un professeur, on a tendance à lui faire confiance facilement. On se dit qu'il a fait des études et est qualifié apte à enseigner son savoir aux autres. On est sûr, au fond, qu'il a toujours raison même s'il lui arrive de se tromper. Bref, la confiance, c'est l'instinct qui nous dit si l'on peut la donner ou non. Et comme pour le professeur, ça arrive que l'instinct nous mène sur la mauvaise voie. Je pense que ma confiance est difficile à avoir. Cependant, elle ne l'est pas tout le temps !

    ~

    Ma barrière protectrice, habituellement indestructible, venait de se fissurer. L'histoire particulière de Naomi m'avait plongée dans mes souvenirs. Trahie par son frère ... La trahison ! C'est ce détail qui appuyait sur ma tête pour me noyer dans l'océan de mes souvenirs. Moi aussi, auparavant, j'avais fait les frais d'une trahison et pas des moindres. Par ma mère. Pour un homme. Cette époque, je l'avais vécue différemment par rapport à Lyn. Ma mère, c'était mon mentor, mon modèle, mon professeur, ma confidente ... Je l'aimais plus que tout au monde. Et l'ultimatum, je l'ai très mal prit, il m'a mit une claque ... pire, il m'a brisé le cœur et a effacé la gentille Anita qui était en moi. Me remémorer ça m'arrachait une grimace. Je fermai les yeux. Que devais je lui dire ? Devais je lui expliquer ? Après tout, je n'étais pas son frère. Mais mon aura n'était pas différent du sien. Il prouvait notre ressemblance. Et si, finalement, c'était à Lady Despair que je devais me confier ? Devais je lui dire ce qui me poussait à être ainsi ? Pouvais je lui faire confiance ? Je ne voulais pas me jeter dans la gueule du loup. Mais si elle avait vécu ça, comme moi, pourquoi ne pas m'exprimer ? Que faire ? J'étais perdue. Au fond, je savais que je devais me confier à quelqu'un. Mais j'étais également au courant que je n'avais pas besoin d'elle et que c'était le contraire. Aider une personne à peu près comme moi était intéressant. Je pris donc une bouffée d'air, me plaçai sur la table à côté de la sienne et commençai (tout en évitant de déballer ma vie).

    "
    Souvent, on agit comme ça lorsque l'on a reçu un choc émotionnel, une trahison par exemple. Cela nous pousse à devenir méfiant et menteur. Cela arrive en majeure partie pour nous assurer une protection interne qui nous rassure. "

    Je me demandais pourquoi j'avais fait cela. Après tout, à part savoir la couleur de mon aura, elle ne me ferait pas de mal. Je me disais que la confiance pouvait exister et j'espérais ne pas me tromper. Je la regardai (elle avait un effet particulier sur moi ... pas de l'amour ou autre mais je ne savais quoi, de la compassion peut être) et repris peu après.

    "
    Alors, tu ressens toujours ce sentiment qu'est la haine envers moi ? "

    [HRP: Gomen pour la taille, j'en avais fait un plus long mais je l'ai pas enregistré =/]


Dernière édition par Needy Lesnicki le Ven 5 Mar - 19:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptyDim 21 Fév - 1:06

La méfiance laissant place à la confusion. C’était une avancée importante, peut-être passagère, mais une avancée malgré tout. Le sujet était sur la (bonne) voie. Dès que la confusion s’immisce dans notre esprit, elle y apporte le doute, qui dit doute, dit changement. Et un changement peut être un progrès. Oh ! pas à chaque fois. Le changement peut être destructeur, aussi bien déclenché brutalement – par la trahison – que progressivement – par la négligence –… Les éléments déclencheurs ne manquant pas pour entrainer le changement. Parfois, ils sont infimes, ils sont de minuscules détails. Des histoires, des gens, un air de déjà vu, des mots, des sentiments, des passés… des souvenirs… Ces petites choses-là ne m’étaient pas inconnues. Les souvenirs m’avaient amenée à bien des choses. Ma cicatrice me picota à cette pensée, comme pour souligner l’acte dément que mon frère, d’outre-tombe, m’avait poussée à faire. J’étais devenue livide, après sa mort, transparente, ma personnalité raclée chaque jour un peu plus, un peu plus effacée, écrasée, par le regard des autres. J’étais devenue une loque, un nid de désespoir, une abîme sans fond où tombaient bonheurs et émotions ; abîme empestant les souvenirs, puant la maladie de la mémoire ; encombrée de passé, j’étais devenue son fantôme, l’immortelle invisible que les autres avaient tuée.

Pourquoi lui faire confiance ?

Cette question semblait tracasser les deux personnes ci-présentes, moi comprise. Je remarquai à peine l’aura changeant de Needy, en pleines tergiversions, où la confiance s’introduisait par petites touches. En moi, la confiance avait plus de mal à faire son chemin, bloquée par mon habituelle crainte, mon habituelle haine, mon habituel rien. Ma moisissure intérieure – à savoir, mon passé – ne cessait de me rappeler à quel point ma stupide confiance m’avait détruite. Mon propre aura, si j’avais pu le voir, devait passait du vert au rouge tant j’hésitais.
- Elle est mauvaise ! Elle est comme Enzo ! Elle va te mentir, te malmener !, hurlait ma mémoire des jours passé.
- Qu’en sais-tu ?, répliquait mon courage, Elle ne pourra pas mentir, nous voyons son aura ! Elle n’est pas Enzo, Enzo est mort !
- Oui, c’est d’ailleurs toi qui l’a tué !


STOP !, hurlais-je à moi-même dans le plus grand silence. Heureusement, la voix de Needy submergea mes discutions internes et regagna ma concentration et mon écoute :

« Souvent, on agit comme ça lorsque l'on a reçu un choc émotionnel, une trahison par exemple. Cela nous pousse à devenir méfiants et menteurs. Cela arrive en majeure partie pour nous assurer une protection interne qui nous rassure. »

Mes sourcils se froncèrent. Enzo aurait ainsi été tel que je le suis désormais ? Poussé à changer, à changer en mal ? Les paroles de Needy avaient été prononcées avec une sorte de… compassion, tendresse, protection, des tas de sentiments idem à ceux qu’Enzo avait dit éprouver à mon égard. Mais là, c’était différent. Là, l’aura de Needy trahissait réellement une confiance naissante. Réellement ? Et si…

« Alors, reprit Needy, coupant à nouveau le cours de mes réfléxions, tu ressens toujours ce sentiment qu'est la haine envers moi ? »

Décidément, ça ne se passait pas du tout comme je l’avais prévu. J’étais sensée haïr cette demoiselle pour le restant de mes jours, m’acharner à la faire souffrir, et me voila en train d’être aidée, rassurée… bientôt câlinée comme un nounours en peluche, si ça se trouve. Et par qui ? Par une lycéenne manipulatrice et menteuse. Une lycéenne qui n’aurait aucun mal à m’utiliser comme une marionnette. Mon manège intérieur repris, l’infernal combat opposant Méfiance, Passé et Fragilité à mon seul Courage. C’était beaucoup pour lui, mais il n’était pas des moindres. Aussi il réussit fièrement, après de rudes batailles s’étant écoulées en moins d’une seconde, à s’imposer. Il allait être assez puissant pour que je sourisse lorsque Méfiance et Passé s’écrièrent en cœur :
Es-tu sûre de voir son réel aura ?
Le doute repris alors le dessus, mais une solution me vint presque instantanément à l’esprit. Je répondis à la brune :

« Hum… peut-être que non. Mais je serais quand même franchement rassurée si j’avais la preuve que je vois ton vrai aura. Comment dire, eumf… c’est peut-être un peu osé de ma part mais bon… eumf… pourrais-tu me montrer ton pouvoir, pour que je sois sure qu’il n’est pas celui qu’avait mon frère ? »

[Désolée, problèmes de connexion, vacances, etc... ><]
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MessageSujet: Re: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptyDim 21 Fév - 19:36

    Les doux plaisirs de la vie nous sont souvent conférés par les souvenirs joyeux. Les morceaux malheureux de notre passé nous submergent parfois et transforment notre bonheur en son contraire. On en devient donc méchants et haineux. Quelque fois, je me dis que je suis touchée en plein cœur par les parcelles noires de mon passé. Je n'ai sûrement pas tort, je déteste ma mère et joue avec les sentiments de beaucoup de personnes. Je suis ce que l'on appelle communément une peste, un de ces personnages sans cœur qui se font une joie rien qu'à l'idée de blesser les autres. J'aime embêter et titiller mon entourage. Parfois c'est pour jouer et d'autres fois, juste parce que j'en ai envie. En général, je ne regarde pas à qui je m'attaque, je sais juste que mon sentiment haineux remonte et que pour le dissiper, je dois blesser. Mais comme toutes les règles qui se respectent, la mienne a une exception : la compréhension. Si une personne peut se refléter en moi, je n'oserais pas lui faire de mal mais au contraire, je tenterai de la protéger. Cette petite, Naomi, elle était l'exception. Mon exception et je me devais de la conserver près de moi.

    Mes pensées tambourinaient en chœur l'attirance que j'avais pour cette fillette. Cet aimant qui me liait à elle était si fort que je n'arrivais pas à m'en dégager. J'étais prisonnière de mes souvenirs, sous son emprise. Je nageai entre la confiance et la compassion. Blessée par une personne qui lui paraissait si honnête ... trahie par l'amour irréel d'une personne chère à son cœur. C'était ça la fameuse prison de sentiments. Cette cage aux barreaux d'or ne pouvait être rompus que par une confiance offerte à une personne similaire à soi-même. Je l'avais enfin compris. Je pouvais enfin être moi-même avec quelqu'un, je pouvais enlever mon masque, le cacher au fond de mon cœur. J'avais la possibilité de me confier à quelqu'un, de protéger une personne comme moi. J'avais longtemps recherché cette exception. Je venais de la trouver. Je ne devais pas la laisser filer. Je regardais la jeune rousse et lui offris un sourire empli de confiance. Son cœur ne m'était pas totalement ouvert, je le savais, je le sentais mais je devais continuer ma marche, mon avancée. Une nouvelle requête s'offrait à moi. Elle me demandait maintenant de lui montrer mon pouvoir. Celui qui consiste à appeler mon bâton, mon meilleur ami, celui qui me connait, qui est lié à moi, lui qui, tellement attaché à moi, ne me trahira jamais. Au fond, je l'aimais ma petite arme personnelle, cette petite parcelle de moi liée à mon cœur, qui avait vécu comme moi, qui me connaissait corps et âme. Ce petit morceau d'âme qui savait me calmer, me stopper, me blesser par lien. Cette toute petite chose qui, quelque part, m'aimait de tout son être et à qui je rendais cet amour fusionnel. Faisais-je assez confiance à cette Naomi pour lui montrer la dernière part de moi même ? Celle qui me rendait réellement Needy ? Je ne le savais pas. Je devais me confier intérieurement au bâton, il sortirait lui même si ma confiance était assez puissante.

    Un léger laps de temps s'écoulait ainsi. Je tergiversais intérieurement en me demandant si oui ou non, il allait se manifester. Après tout, il était maître de ce choix. Je me faisais confiance plus que jamais. Je fixai Naomi, sans peur, sans aucune marque trahissant quelconque sentiment de rancœur. En accord avec ce que je pensais, il sortit. Une marque marron entourant une légère sphère cristalline se montrait peu à peu. La couverture épidermique qui le retenait se craquela, mon bandage s'en alla heurter le sol silencieusement. Une longue marque rouge s'écoulait sur ma paume puis se transformait en gouttes pour aller entacher les dalles de la pièce d'une couleur luisante comme l'on reconnait le sang frais. Je regardai la rousse d'un air différent. J'avais mal, ma cicatrice s'était déchirée à la sortie de l'arme. Je n'attendais qu'une chose, que la douleur s'en aille. Pour l'aider, je mordis ma lèvre inférieure avec une puissance telle qu'elle se mit à saigner et me fit oublier la déchirure qui s'était produite sur ma main. Je souris à nouveau à Naomi, ce n'était pas grave, cela m'arrivait depuis des années de ressentir une douleur pareille. Je resserrai ma main autour du résultat de mon invocation et me mis debout. Le combat contre mon propre mal s'était terminé, j'étais gagnante. Je m'expliquai maintenant à la rouquine, je me sentais comme une mère, une personne trop protectrice, déterminée à faire oublier la douleur.

    "
    Un pouvoir n'existe jamais deux fois, une fois banni, il ne renaît plus. "

    Je ne m'étais jamais sentie si proche d'une personne. Mais cela n'était pas tout. Une haine naissante au premier abord puis détruite au second plan, cela me semblait étrange. Je ne voulais pas me jeter dans la gueule du loup, pas à nouveau. Je ne voulais pas revivre la trahison que ma mère, si détestable soit elle, m'avait fait subir. Je regardai donc dans les yeux de Naomi, plongeant mes prunelles dans les siennes, m'y noyant. Je lui demandai une faveur plutôt étrange. Je m'étais affaiblie comme jamais. Mon masque et mon bouclier étaient tombés à la bataille. Elle avait gagné. Je pensais être une personne dominatrice mais j'étais tout le contraire. Elle m'avait domptée à sa manière. Mon cœur était allé plus vite que ma conscience, la rouquine était plus forte que moi sur ce domaine. Son passé avait rattrapé le mien, il lui avait mit une bonne gifle et me l'avait rejeté en pleine face.

    "
    Es-tu capable de trahir ? Es-tu capable de me trahir ? Peux-tu garder des secrets ? Es-tu en mesure de conserver la confiance que je te donne aveuglement ? Agiras-tu comme ma mère ... cette traitresse qui a prit du plaisir en me brisant ? "

    Tout était clair, j'étais faible. Plus faible que je ne le croyais. Réduite à me donner entièrement à la rouquine. Elle m'avait domptée. Naomi m'avait battue. Ce n'était peut être pas plus mal que ce soit elle au lieu d'un(e) autre ...


    [Pas grave, la qualité est géniale <3]


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MessageSujet: Re: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptyDim 21 Fév - 23:54

L’aura de Needy était loin d’être celui entrevu dans un couloir. Il trahissait la confiance qu’elle commençait à avoir en moi, la confiance et la compassion qu’elle éprouvait à mon égard. De mon côté, la confiance me gagnait également. Je me rendais progressivement compte que Needy avait vécu la même chose que moi – trahie par l’être le plus cher. Je lisais le sens caché de ses paroles, aidée par la partie de son aura consacrée aux souvenirs, la turlupinant. Nous avions donc vécu les mêmes choses, mais nous avions suivi deux chemins différents. Elle, la carapace qu’offrait le mensonge, moi, celle qu’offrait le désespoir. Le désespoir est une excellente carapace, contrairement aux idées reçues. Avec elle, nous sommes déjà trop désespérés et déçus pour l’être davantage… Mon chemin avait certainement été influencé par mon pouvoir. Me révélant la face cachée des autre, il m’exposait entièrement à la vérité, une mauvaise vérité, blessante, hurlante, insupportable. Ainsi j’avais été obligée de me réfugier dans une désespérance plus profonde que la plus grande des crevasse… j’avais glacé mon cœur pour qu’on ne le blesse plus, j’avais effacé mes sentiments pour qu’ils ne m’induisent pas en erreur. Needy avait-elle fait de même ? Certainement, mais d’une autre manière ? Moi qui n’avais vu que nos différences, je me rendais désormais compte de nos similitudes, si importantes. Il en restait une à éclaircir… son chemin avait-il lui aussi été influencé par son pouvoir ? Pour le savoir il me fallait savoir… quel était-il ?

Un mouvement de la part de Needy réveilla mes rétines auparavant inactives. Une légère sphère cristalline au niveau de sa main apparut. Elle n’était en rien due à son aura, non, je savais identifier si oui ou non une brume en faisait partie. Etait-ce ça son pouvoir ? Champ de force ? Boule d’énergie ? Je multipliai et démultipliai les hypothèses avant même le début de sa démonstration – je m’en rendis compte lorsque une once de marron (du solide cette fois) s’immisça dans la boule. En un éclair, la peau de Needy se fissura pour laisser passer un long bâton de combat. Je sentis l’odeur du sang se répandre dans le peu d’espace qui nous séparait, toutes les deux. Une odeur si… habituelle… pour moi. J’inspirais à fond par le nez pour mieux en profiter. Cette odeur était pour moi carrément délectable… mais bien moins que si c’était ma peau qui s’était ouverte. Néanmoins, je ne ressentais aucun besoin de mutilation maintenant, non pas parce qu’il avait été assouvi plusieurs minutes auparavant, mais simplement parce que je me sentais bien. Oui ! C’était rare, étrange comme sensation, se sentir bien. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti cela, aucun besoin de tirer un couteau de sa poche pour se soulager, aucun besoin de violence, de haine… C’était certainement mieux comme ça, alors je m’efforçais d’en profiter.
Needy était donc désormais accompagnée de son bâton de combat, confirmant l’une de mes hypothèse : son chemin avait été influencé par cette arme, c’était évident. Avoir une arme pour pouvoir, pour compagnie, pour partie de soi – comme les auras faisaient partie de moi –, cela devait forcément pousser vers quelque chose de puissant, un masque fort, infranchissable.

L’aura de la brune était légèrement teintée de douleur. Needy devait souffrir. Mais bien spur, suis-je bête ! Un bâton sortant de la main ne doit pas faire que du bien. Un instant, je songeai à réparer sa blessure avec mon matériel de scarification habituel (aiguilles, fils, pansements, bandages…). C’était fou ! J’en étais arrivée à songer à soulager la douleur de Needy. D’ailleurs, je n’avais plus aucun mal à l’appeler comme ça. Ce surnom sucré, affectueux, ne me posait plus de problème. J’étais certainement rassurée par le fait de voir son réel aura, mais ce n’était pas tout. Je ne me sentais pas... utilisée, non, j'avais l'impression de voir ce que Needy était de plus sincère, et j'en étais fière. Une sorte de... titre honorifique je suppose. C'était vraiment étrange. Je sentais les remparts de mon désespoir faillir, fondre, se muer en une sorte de confiance, une sorte de... d'amitié. Vraiment bizarre, l'effet que cette fille me faisait ! Et, à en croire son aura, c'était pareil pour elle...

« Es-tu capable de trahir ? Es-tu capable de me trahir ? Peux-tu garder des secrets ? Es-tu en mesure de conserver la confiance que je te donne aveuglement ? Agiras-tu comme ma mère ... cette traitresse qui a prit du plaisir en me brisant ? »

Alors, Needy c'était vraiment faite trahir... par sa mère ! Cela devait être réellement traumatisant. Enzo avait-il vécu pareil traumatisme ? Mon père l'avait-il trahi ? Non, mais il avait peut-être trahi sa mère, en l'abandonnant pour la mienne... Les morceaux du puzzle se remettaient en place, comme le jour de ma tentative. Mais là, c'était différent. Là, je n'étais pas à deux pas de la mort. Ce n'était pas ça clairvoyance qui m'apportait des réponses, c'était la vision de quelqu'un d'autre, vision oh combien enrichissante ! Désormais, je n'étais plus faible, ou alors, nous étions faible toutes les deux. Elle m'avait rassurée, n'était-ce donc pas à moi de le faire ? Il était encore plus rassurant de savoir qu'elle aussi avait des doutes, qu'elle aussi avait peur d'être trahie – à nouveau. Ça ne la rendais que plus humaine !
Maintenant, c'était à moi de réfléchir. Étais-je capable de trahir ? Étais-je assez similaire à mon frère pour commettre la même horreur que lui ? M'avait-il également transmit cela ? Je me questionnait quelques secondes durant. Mais la conclusion fut sans surprise :

« Je... je pense que la... confiance que tu m'accordes est trop rare pour que je la... la brise. Et puis, je ne pense pas être assez forte pour trahir. »

Je ne mentais pas, c'était la stricte vérité. J'étais trop faible pour trahir quelqu'un. Personne ne m'avait jamais fait réellement confiance, alors ce privilège que je venais d'obtenir, je n'allais certainement pas le mépriser en le brisant de mon plein gré. Quant à prendre du plaisir en faisant du mal... certes, je n'avais jamais expérimenté... mais Enzo avait au moins fait quelque chose de bien : me dégouter de toutes sortes de trahison.

Bon, les choses étaient plutôt claires : je n'étais plus en mesure de haïr Needy, au contraire, je m'étais retrouvée à développer une quasi-amitié avec elle. Étrange non ? Si, mais que diable, c'était délicieux d'avoir confiance (ou presque). Je me préparai mentalement à sortir de la pièce et mettre fin à notre rencontre lorsque l'odeur du sang frappa à nouveau mes narines. J'attrapai la poche de ma veste destinée au matériel de médecine et en sortait pansements, aiguille, fil et ciseaux. Du regard et des mots, je questionnai Needy :

« Tu en auras peut-être besoin non ? »

[Merci, le tiens était super aussi !]
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MessageSujet: Re: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptyLun 22 Fév - 15:01

    Les préjugés ... Un amas d'idées toutes faites sur les autres alors qu'on ne les connait seulement de vue. Ils n'ont que faire de ce qui se cache derrière le physique, ils disent que les gens sont comme ça et pas autrement. Ils sont juges de bien des choses, ils amènent souvent à une conclusion hâtive qui n'est jamais correcte - elles ne le sont que lorsque la personne lit l'esprit ou autre chose particulière s'alliant à la connaissance directe d'une autre personne (mais dieu ce que c'est rare !). Souvent, les préjugés se lient à une chose inconnue. Mais comme toutes les règles, il y a des exceptions - comme Naomi étant la mienne - qui se rapportent à un souvenir, une origine que l'on tire à l'intérieur de nous mêmes. Je n'en voulais pas à la rouquine. Je comprenais son jugement. Après tout, elle pouvait être facilement pardonnée, son pouvoir lui permettant de voir les auras et un morceau de son passé attaché à la trahison de son frère. Peut être que c'était cet élément qui servait d'aimant entre elle et moi. Cela pouvait également être lié à autre chose mais si ça l'était ... à quoi était-ce ? Excellente question à laquelle moi même, je ne saurais pas répondre. J'avais cependant quelques hypothèses notamment celle de l'intérêt. Mais me servir de Naomi comme d'un jouet pour assouvir mes envies de découverte était une idée complètement écartée de mon esprit. La jeune rouquine était libre, comme toute autre personne. J'avais porté mon attention et mon intérêt sur elle car quelque part, nous étions pareilles. Je l'avais rapidement comprit ... Même si l'on dit que les premières apparences sont toujours les meilleurs, je dis le contraire. Je m'élève devant cette règle car ... elle n'en serait pas une si elle n'avait aucune exception pour s'opposer à son pouvoir !

    T'as pas fini de raconter n'importe quoi Nee ? me questionnait ma conscience à qui je voulais infliger le mutisme ... elle était bête et méchante ! Surtout embêtante ! Mais amusante dans certains moments ... bah, c'était ma conscience.

    À dire vrai, je n'avais rien à redemander, une rencontre spéciale qui se finit en rencontre amicale. Je grimaçai un peu en repensant à la douleur. Ah, elle allait passer, ce n'était qu'un problème passager, j'avais l'habitude. Je me posais plein de questions ... notamment une en rapport avec le don de Naomi. Voir les auras ... qu'est-ce que ça fait ? On voit tout le monde entouré d'une couleur reflétant le caractère ou l'humeur ? Tout le temps ? Ce n'était pas dérangeant ? C'était dingue, en quelques secondes, je m'apercevais que je voulais apprendre à savoir comme vivait la rouquine ... Mon cœur s'était si facilement accroché à elle ... je croyais que cette rencontre allait me causer une bataille, d'où l'obligation de me servir de mon bâton mais non, je m'étais servi de lui pour une toute autre raison. Pour aider une personne. Je me retrouvai à lui expliquer ce que je savais, lui montrer comment j'agissais, bientôt je la câlinerai comme on le fait à une peluche !


    Petit nounours Naomi ... Petit ange, petite perle ... se moquait ma conscience ... Quelle débile celle là ... Une vraie plaie !

    Je léchai la petite morsure qui avait causé une blessure à ma lèvre inférieure. Le goût du sang s'était déversé dans ma bouche. Ce n'était pas si mal, pas très désagréable, ça ne me gênait pas qu'elle soit là, elle me rappelait à quel point la journée était réelle et pas un vulgaire rêve se baladant dans mon esprit. Mes songes et mes pensées furent coupées lorsque Naomi répondit à ma série de questions dirigées sur la trahison.

    "
    Je... je pense que la... confiance que tu m'accordes est trop rare pour que je la... la brise. Et puis, je ne pense pas être assez forte pour trahir. "

    Sa réponse m'arracha un sourire. Comment pouvons nous dire qu'une personne comme Naomi est tellement renfermée que même les souvenirs ne peuvent l'atteindre ? C'est faux ! Une personne peut avoir un caractère sombre et mystique, elle n'en est pas moins humaine pour autant. Au fond, je savais que la collégienne n'était pas si différente de toutes les autres personnes. Elle était humaine et un être digne de ce nom est capable de ressentir, d'éprouver et de comprendre. La compréhension ... je l'avais tant cherchée. Je me sentais manipulée par l'aimant, il m'avait tant de fois fait dire la vérité que cette fois ci, je ne savais pas trop comment le prendre. Je m'étais confiée, je l'avais comprise et vice versa. Je répondis à la jeune fille face à moi avec la plus grande sincérité. Je m'approchais d'un sentiment fraternel que je lui vouais ... c'était allé si vite ! Pourtant, je ne ressentais aucune peur, seulement de la confiance ... une confiance d'une incroyable puissance. Je m'étais attachée à Naomi ... je l'appréciais beaucoup ... grâce à mon passé.

    "
    On ne peut pas nier que nous sommes similaires. Je pense que c'est ça qui nous a beaucoup rapprochées. Après tout, on a beau avoir des passés sombres, ils nous ont donné quelque chose, un lien unique et précieux. "

    Je souris à Naomi. Pour une fois que je pouvais avoir confiance en une personne. Pour rien au monde je ne gâcherai cette " amitié " qui, peu à peu s'installait entre la collégienne et moi. Je grimaçai encore, malgré que je niais la douleur, je la sentais, pesante comme jamais. Plus forte et pesante que d'habitude. Et si ma conscience y était pour quelque chose ? ou était-ce simplement dû à l'énervement de ma dernière rencontre ? Ma haine tirait sur ma douleur ... ? C'était étrange ... Pour le comprendre, un tour chez l'infirmière suffira. Bref, Naomi me regarda d'un air interrogateur après avoir sorti de son manteau du fil, une aiguille, des pansements et une paire de ciseaux avant de m'interroger oralement ;

    "
    Tu en auras peut-être besoin non ? "

    C'est mignon tout plein dis donc ! ... Tais toi conscience inutile ... !

    Je ne pus m'empêcher de montrer un sourire heureux à Naomi. Enfin de compte, personne n'est méchant, les préjugés sont menteurs, il ne faut pas s'y fier ... c'est inutile ... Ils sont effectivement mauvais et empestent le faux. J'avais envie de prendre la rouquine dans mes bras et la câliner ... comme une peluche ou comme une personne humaine qu'au fond, on apprécie énormément. Je m'approchai d'elle et attrapai ce qui se trouvait dans sa main. Cela allait effectivement m'être utile.

    "
    Ce n'est pas de refus ! Merci. "

    Nous n'allions pas nous quitter comme ça, si ? Je n'en avais pas trop envie. Je regardai Naomi interrogativement en pansant ma main, encore douloureuse. Je ne pouvais m'empêcher de lui sourire, son visage me paraissait plus ouvert qu'au début de la rencontre. Je sentais qu'elle me faisait confiance. Je ne savais pas trop comment mais je le sentais, je le savais. Je lui proposais de finir la journée avec moi, comme de vraies amies. Mais pas dehors, il faisait trop froid. Autre part ... mais où donc ?

    "
    Ça te plairait de finir la journée avec moi très chère ? Baka ! Chuuut ! On pourrait aller quelque part, parler un peu plus ... cependant, je ne vois pas où ... Une destination t'intéresse ? "

    Oui, comme de vraies amies ou comme une grande sœur accompagnée de sa cadette. Je ne m'étais jamais sentie si bien, c'était vrai. Une personne ne m'avait jamais autant inspiré de confiance. J'avais raison du tout au tout ... Naomi avait un caractère particulier, il fallait juste se pencher pour s'en apercevoir au lieu de lui tourner autour 100 ans inutilement ...


    [J'espère qu'il te parait pas bizarre xD Nee considère Nao comme une petite sœur ... ôô]


Dernière édition par Needy Lesnicki le Ven 5 Mar - 19:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptySam 27 Fév - 21:19

« C'est en secouant l'arbre que l'on fait tomber les fruits. »
J'avais toujours trouvé cette phrase stupide. Pourquoi ne pas laisser les fruits tomber seuls ? Ils le feront bien, avec le temps. Lorsqu'il seront murs. Désormais que c'était moi l'arbre en question, j'envisageais les choses différemment. Peut-être que les fruits murs ne tombent pas toujours seuls ? Alors ils pourrissent, dans leur arbre, et ne profiteront jamais à personne...

Et quand bien même l'arbre avait été secoué, s'il n'avait aucun moyen pour savoir si oui ou non les fruits étaient murs, était-il préférable de les faire tomber, ou d'attendre à nouveau ?

Épineuse question. Je me mettais activement à y réfléchir, détournant mon esprit de ce qui me faisait vraiment peur : aimer à nouveau quelqu'un comme une sœur. Je sentais toute la confiance acquise par Needy reculer progressivement. Je me sentais de plus en plus méfiante. Voir son aura, entendre tous ses mots si sincères, plus rien ne me rassurait. J'étais redevenue la muraille de froideur qu'Enzo avait forgé en post-morthem. Mon visage était redevenu impassible, sans expressions. Mes sourcils arqués inspiraient dédain et inaccessibilité. Est-ce que j'avais envie de paraitre ainsi à Needy ?
La réponse apparut d'elle même.

Non.

Comme par enchantement mystique, mon visage marmoréen retrouvait son humanité et mon dos droit se recourbait un peu, plus naturel. J'aimais bien Needy. L'annoncer dans ma tête était pour moi une avancée historique, dire que j'appréciais quelqu'un alors que j'étais dans une parfaite solitude depuis des années était un changement considérable. Désormais que cette avancée était affirmée, acceptée, par chaque neurone et chaque synapse, je pouvais reconsidérer la proposition de la lycéenne. Sortir. Je frissonnais également à cette idée. Non pas à cause du froid hivernal qui vous saisissait au moindre pas dehors, mais à cause de ma phobie des foules. Mon ochlophobie était évidemment due à mon pouvoir. Comment expliquer ça à Needy ? Je ne voulais pas refuser sa proposition, je voulais éviter la foule. Je tentai donc de lui faire part de ma vision des “sorties” :

« Je... je préfèrerai éviter les gens. Ce n'est pas que j'ai pas envie d'aller quelque part avec toi, hein, pas du tout. C'est que... voir beaucoup d'auras en même temps donne un peu... enfin, à cause de mon pouvoir, j'ai développé une forme aigüe de peur de la foule. »

Arg ! J'avais encore plus l'air cruche que d'habitude, à expliquer ma folie en trébuchant sur les mots. Je ne voulais pas que Needy ai peur de moi, mais je ne voulais pas qu'elle voit autant mes faiblesses. En même temps, je voyais bien les siennes, alors... je décidai, (encore une) chose étrange, de fermer les yeux sur ma nudité d'esprit face à cette fille que je connaissais, osons le dire, depuis moins d'une heure. Quelque part, j'avais l'impression de l'avoir toujours connue. Nous nous ressemblions tellement...
Je repartais – mentalement – à la recherche d'un endroit dans lequel nous pourrions discuter tranquillement et où je n'aurai pas à trop souffrir des multiples auras présents dans mon champ de vision. Mon estomac se réveilla à cet instant précis, m'octroyant une idée d'endroit autant qu'une envie de manger. Manger. La cantine ? Surement pas. Le bruit y serait maître, ainsi que les gens, collégiens, lycéens, enfants et adultes de tous âges, autant de couleurs criardes, blafardes, auras opaques ou translucides... La cantine serait certainement, à cette heure de la journée, l'un des endroits les plus occupés de Takuetsu, donc, l'endroit où j'aurai l'occasion de croisé le plus d'auras. Comme c'était précisément ce que je ne voulais pas faire, j'excluais cette possibilité de sortie. À quel autre endroit pouvait-on manger ? On pouvait toujours ce faire à manger dans nos chambres, mais à peine mon esprit eu effleuré l'idée de ramener Needy dans la mienne qu'il l'exclut. À cette heure-ci, mon Dragon de colocataire devait être encore au lit, et le déranger serait une grossière erreur. Alors où aller, où manger ? Je ne voyais plus qu'un endroit : le bar-restaurant de l'île, le Sun Party. Je n'y étais jamais allée, mais je voulais tenter l'expérience. Il y avait également une chose que je voulais essayer... à laquelle je venais de songer. Lorsque l'on est dans un endroit saturé de monde, saturé de bruit, mais que l'on est concentré sur quelqu'un, sur une discussion, le bruit n'est plus tant insupportable. Et si il en était de même avec les auras que je voyais ? Et si, en me concentrant sur une seule personne, je voyais moins les autres ? Je décidai d'essayer et fit part de mon idée à Needy :

« Hum... cela dit... j'ai un peu faim. On pourrait aller au Sun Party, qu'en dis-tu ? À moins que tu ai déjà mangé ? »

J'avais hâte de quitter cette salle de classe, dans laquelle j'étais venue pour détruire quelqu'un. Je voulais aller dans un endroit où vont les amis, non les ennemis.
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MessageSujet: Re: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptyDim 28 Fév - 16:49

    La confiance dissipe les gènes ... La foi en quelqu'un pousse à être toujours franc avec, ne pas avoir peur d'affronter les mauvaises choses, les phobies ou toutes autres choses qui ont l'art d'incommoder. Cependant, certains évènements nous oppressent tellement que l'on a du mal à les dire, que l'on se sent chamboulé rien qu'à l'idée de prononcer les quelques mots qui révèlent une sorte d'entrave. L'honnêteté passe aussi par de bons mensonges qui, en général, protège ceux que l'on apprécie. Néanmoins, lorsque quelque chose nous gêne, il faut souvent en parler même si cela pousse à se sentir mal, compressé. Enfin vous m'aurez comprise, la confiance est une chose qui aide et se montre relativement précieuse.

    Je sentais que Naomi me faisait confiance. Mon instinct me le disait et il se trompait rarement - enfin ... il arrivait que mon intuition soit fausse. Elle avait du courage pour avoir foi en une personne telle que moi. Une fille qui ne faisait que mentir pour se préserver. J'avais demandé à la petite rousse si elle voulait passer le restant de la journée avec moi. Comment ça c'était bizarre ? Non, je ne me sentais pas comme avec ... l'universitaire rencontré peu avant. Un gêne s'empara doucement d'elle et la mit mal à l'aise. Je comprenais à peu près sa situation, mais allait-elle refuser ? La seule façon de le savoir était de l'écouter. Voici ce que Naomi me répondit :

    "
    Je... je préfèrerai éviter les gens. Ce n'est pas que j'ai pas envie d'aller quelque part avec toi, hein, pas du tout. C'est que... voir beaucoup d'auras en même temps donne un peu... enfin, à cause de mon pouvoir, j'ai développé une forme aigüe de peur de la foule. "

    Alors elle était ochlophobe ... Je comprenais, à nouveau car disposer d'un pouvoir comme le sien n'était absolument pas pratique. Je savais qu'à cause des dons, la vie devenait plus difficile. Je n'avais jamais ressenti la douleur d'avoir un pouvoir, seulement lorsque celui-ci apparaissait. Seulement, le déchirement mental, je ne le connaissais pas, jamais je ne l'avais ressenti. J'essayais de compatir, aveuglement. Elle devait se sentir mal à l'aise au travers de cette phobie. Je pensais à ce que pouvais faire une véritable amie dans cette situation. Après tout, je n'avais jamais eu de vrai ami. Dans toute ma vie. Certes, celle ci était courte et ne venait que commencer mais, avec ma façon d'être - à savoir manipulatrice - utilisée envers tout le monde, la confiance que je donnais à Naomi me surprenait. Les autres, je ne les aimais pas réellement, je me moquais d'eux. Simplement parce que je sentais qu'ils étaient loin de la sincérité que tout être recherche. Je montrai à la rouquine un sourire agréable, protecteur et la rassurai tant bien que mal. J'étais, pour la première fois, gênée par le fait de ne savoir réellement comment me comporter suite à ce léger malentendu - qui n'en étais pas réellement un.

    "
    Ne t'inquiètes pas. Je comprends tout à fait ta situation. Cela peut arriver à tout le monde de se sentir mal en présence de la foule. "

    Un instinct maternel s'était éveillé en moi. Je me sentais forte par rapport à avant lorsque je fuyais face à l'amitié comme à l'amour ... sauf que pour l'amour, la raison était claire : les hommes, ils étaient trop comme mon beau-père. Cette chose - il n'était pas humain à mes yeux - ne savait faire que le mal, il ne connaissait pas le mot bonheur ... ou il le connaissait de façon égoïste. Ces personnes, je les détestais. Au plus haut point. Enfin, j'étais fière de moi, réussir à donner ma confiance et mon ... amitié. C'était une sensation étrange. Le bonheur je crois. Quelque chose de magnifique et d'étrange à la fois. Je ne comprenais pas réellement, je savais juste que c'était très agréable, délicieux. Bref. Naomi me sortit à nouveau de mes songes. Cette fois-ci, elle me proposait un lieu.

    "
    Hum... cela dit... j'ai un peu faim. On pourrait aller au Sun Party, qu'en dis-tu ? À moins que tu ai déjà mangé ? "

    Le Sun Party ... Ce nom me disait quelque chose. Je me souvins peu après avoir réfléchi quelque peu. Le bar-restaurant Sun Party ... Je détestais un peu ce lieu. Je ne l'aimais réellement pas. Pour tout dire, mes souvenirs là bas n'étaient que très peu joyeux. Enfin, j'y avais beaucoup joué, de manière méchante mais très ressemblante à moi même. Peut être était-ce à mon tour de ressentir quelque chose d'oppressant. Ce sentiment était-il un facteur de l'amitié ? Je n'en savais absolument rien. J'affichai une mine gênée. Je n'avais pas envie d'aller là bas et je ne voulais pas paraître difficile. La confiance ... attire les gênes apparemment. Cela ne me dérangeait pas. Seulement, je me demandais comment je pourrai répondre à sa proposition. Je tergiversais mentalement pour secouer un peu le cocotier - considéré comme ma cervelle - pour en faire tomber les noix de coco - mes neurones cette fois-ci. Je réfléchissais en pensant à tous les lieux libres pour manger. Déjà, je classais la chambre de Naomi comme occupée, elle ne l'avait pas citée et l'on ne s'invite pas chez les gens. En parlant de chambre ... la mienne était libre et je savais Lyn à la bibliothèque, comme tous les jours vers cette heure-ci. Enfin, si elle n'y était pas, ma sœur serait forcément au réfectoire à casser la graine. Je sortis donc de mes pensées pour répondre à Naomi.

    "
    Je suis désolée mais ... je n'aime pas trop le Sun Party ... il m'y est arrivée une petite expérience que je conçois comme une plaie et celle ci n'est pas encore cicatrisée. Je suis difficile je crois. Mais j'ai une autre idée. Je sais ma sœur absente alors on pourrait se rendre dans ma chambre. Enfin, je ne sais pas vraiment ... "

    Aïe ... là c'était le drame. Tout mon petit monde disparaissait, chassé par de l'indécision. Oui, je me sentais mal, gênée, indécise, bête. Comment allait-elle le prendre ? Needy, la petite peste aux airs si forts venait de couler apparemment ... je n'avais qu'une chose à dire ... " ouille ".


    [HRP : J'ai fait peau neuve xD Nouvelle mise en page, c'est plus joli je pense ôô J'espère sinon que le RP est bien (parce qu'il me parait court ! >//<) ^^]
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MessageSujet: Re: Rencontre... explosive. [TERMINÉ] Rencontre... explosive. [TERMINÉ] EmptyVen 5 Mar - 19:58

C’est avec sourire que j’accueillis la réponse de Needy. En effet, j’avais auparavant totalement oubliée que le Sun Party, le seule et unique bar-restaurant de l’île de Takutsu, n’était accessible que par les académiciens possédant deux étoiles ou plus. Arrivée depuis (très) peu de temps, l'occasion de gagner une ou plusieurs étoiles et donc, des privilèges supplémentaires comme l'accès au restaurant, je n'en possédais qu'une. La rentrée était prévue pour dans une semaine, et il me restait ce court laps de temps pour découvrir ce que moi et les autres élèves étions sensés faire dans cette académie, perchée sur une île à la manière du roman de Dennis Lehane (ce qui n'était pas du plus rassurant – ce roman m'avait glacé d'effroi lors de sa lecture). J'avais hâte – et honte de me l'avouer – de faire mes preuves dans cet endroit des plus étranges.

Revenant à mes moutons et à mon appétit de plus en plus impatient, je souris franchement à Needy. Cette fois, je ne m'en surpris même plus : avec cette jeune femme, je pouvais laisser libre cours à des sentiments que j'avais trop refoulés par le passé (autrement dit, les miens). J'avais pu remarquer le changement brutal de l'aura de Needy après la prise de parole de cette dernière. Apparemment, être indécise, naturelle, était chez elle une source de malaise. Bah, je ne pouvais lui en vouloir, car ma source de malaise à moi était tout aussi stupide en apparence. Et Dieu sait que les apparences sont trompeuses. Je m'empressai de rassurer ma nouvelle amie (ce mot avait un goût bizarre dans ma tête... comme un vieux plat auquel on n'a plus gouter depuis – trop – longtemps.), accompagnant mon sourire de paroles :

« Non, non c'est parfait ! De toute façon, distraite comme je le suis, *en ce moment*, j'avais to-ta-le-ment oublié que je n'avais pas le droit d'aller au Sun Party. »

Mon comportement avec cette fille était de plus en plus étrange, allant crescendo... vers quoi ? Une amitié ? Peut-être bien. J'étais en train de m'accuser pour que la brune, que, je le rappelle, j'étais sensée haïr, ne culpabilise pas. Bizarrement, elle n'étais pas qu'une grande sœur : moi aussi je pouvais, à mon tour, la protéger.

Je ne réfléchis qu'une ou deux secondes à la proposition de Needy, à savoir, aller manger dans sa chambre, chambre qu'elle partageait avec sa (vraie) sœur, sœur qui n'était pas là. Je n'allais donc pas avoir besoin de faire face à une autre personne, c'est sans doute cette réflextion qui explique ma si rapide décision. D'ordinaire, je prenais du temps, pesant soigneusement le pour, pesant soigneusement le contre, faisant des théories, parfois même des calculs, des histoires pour un rien... ah oui, j'oubliais, nous n'étions pas dans un moment ordinaire.

« Ça me va très bien, ton idée de chambre. Et puis, comme ta soeur ne sera pas là, je n'aurais pas besoin de... enfin... sympathiser avec quelqu'un d'autre ! »

Oups ! Ça, c'est ce qu'on pouvait appeler parler à cœur ouvert. Une nouvelle fois, j'avais dit exactement ce que je pensais à la lycéenne, mais ça ne me dérangeait pas plus que ça, puisqu'elle aussi me parlait franchement. Je me levais déjà, prête à suivre ma confidente, mon amie, ma sœur de failles, à travers les couloirs, dans la confiance sereine que je lui accordait depuis quelques dizaine de minutes.
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