Takuetsu no gakuen


 
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Aurora K. Rozen ~ alice; you're not Alice.

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MessageSujet: Aurora K. Rozen ~ alice; you're not Alice. Jeu 26 Nov - 20:01


Aurora Kimitsu Rozen }
- Hold your breath, slowly, one person is missing. You tremble in fear,and turns into and empty shell. -



« L'enfant du Secret de l'Aurore »


Nom : Rozen
Prénom : Aurora Kimitsu
Age & date de naissance : 5 mai 1989
Niveau scolaire : Universitaire
Pouvoir : « Un jour mon prince viendra.. »
Et si votre prince vous tuait ? A trop rêver, vous tomberez en réalité dans le tourbillon infernal du cauchemar... Là est tout le don de Aurora. L'illusion.
FRAGMENT DE JOURNAL - o5
Les nombres d'années passées m'ont finalement conduite à maîtriser parfaitement mon don. Alors donc voilà, faire voir des horreurs en tout genre inspirées de contes, 4 minutes maximum par jour et sur une personne.. On a cependant pu remarquer les séquelles de mon don, le traumatisme peut durer d'une petite heure à une longue semaine -ce fut le cas de.. enfin passons- ; si bien que ceux qui ont fait l'expérience évitent d'avoir de nouveau à faire face à ce cauchemar. Je ne fais pas peur pourtant.

Forme du don: Indéterminée
Avec ou contre l'école?: Plouf, plouf.. Pile ou Face. Pile. Avec.
Sur le plan scolaire? Comportement irréprochable, travail impeccable, notes frôlant l'excellence... Est-ce encore possible ? Il y a toujours des exceptions après tout.

Spoiler:
 





    Who's been painting my roses red?

    Regardez devant vous, quelques mètres au loin, il y a son ombre, et sa présence, et son doux visage, et cette démarche assurée. Regardez bien, car nier l'avoir aperçue serait défier mère Vérité, ce serait avoir l'audace d'oser jouer avec les lois inébranlables. Ne voyez-vous pas... Alice? Ah, il semblait. C'est Aurora.

    C'est que derrière son apparence frêle et presque mignonne se niche une fierté jamais connue jusqu'ici. Il ne faut pas le cacher, et par ailleurs, elle non plus ne le cache pas; son caractère narcissique est presque effrayant : il n'est pas question de remettre en question sa personne. Il faut aimer -elle s'aime-, il faut l'admirer -elle s'admire-, il faut la détester -...- ; et il faut l'aduler dans ses qualités les plus détestables. Alors, qui êtes-vous donc le coupable qui a peint ses roses en rouge? Fort dommage, c'était le pot blanc qu'il fallait choisir. Ignoriez-vous donc que c'est la couleur qui lui est associée? Encore plus pur que le blanc de la neige qui se dépose les froids matins de décembre, une gentillesse et un sourire inégalable, oh, ne serait-ce pas là un merveilleux halo divin qui l'encercle? Et les fleurs, et la prairie verdoyante, un chant angélique; la paix s'épanouit, son calme remarquable apaise vos âmes torturées. Admirez la finesse de la confiance qu'elle possède dans le moindre fait et geste, admirez la grâce de ses expressions, admirez l'élégance de ses postures. Admirez son hypocrisie.

    I warn you dear child, if I lose my temper, you lose your head. Understand?

    Oui, la franchise est un don du Ciel, c'est le deuxième dont on lui fit présent. D'apparence elle peut sembler aimable et prête à vous apporter son aide, mais si par malheur votre présence l'irrite, vous êtes alors finis, au sens premier du terme. Elle ne ressent nullement le besoin de vous connaître pour vous juger, la première image qu'elle obtient de vous, et vous êtes répertoriés dans les chanceux ou dans les victimes. Si elle ne retient rien contre vous, attendez-vous à un reposant silence d'harmonie en sa présence, dans le cas contraire, commentaires sans retenue et ambiance macabre seront de la partie. Se montrant toujours sous un aspect sérieux dans ses engagements, elle sait se révéler manipulatrice lorsqu'il le faut, et sa détermination la poussera à toujours avancer, ne jamais reculer devant rien, et surtout pas soi-même. Calculatrice, aucune de ses décisions ne sont prises au hasard, la jeune fille ne connait du tout les actes irréfléchis, et heureusement pour elle, car en tant que personne responsable, la moindre erreur pourrait enchaîner l'éclair de la fatalité. Ainsi, elle sait également faire preuve d'une grande malice, analysant intelligemment d'abord chaque situation, et s'adaptant au caractère et ce dont elle sait de chaque personne. S'approcher un peu plus de la frontière du terrain ennemi, trouver le point et l'angle optimal -BANG- l'agile Aurora frappera alors une nouvelle fois là où l'adversaire tombera à coup sûr, ne vous fiez pas à son apparence, c'est une combattante, une vraie. Pas de remords, une précision et une exigence maximale, dans un monde tel le sien, on ne peut affirmer que 99,99% est quasiment égal à 100%. Ca l'est où ça ne l'est pas. Pile ou Face. Que la chance soit avec vous.

    Your way? All ways here are my ways!

    C'est un monde de Vanités, c'est un monde égocentrique, et elle est alors celle qui le comprend le mieux et qui se sert de ses acquis pour constamment se démarquer. Plutôt réaliste et posée, l'ainée Rozen sait qu'il ne faut pas avoir peur d'écraser les plus faibles, car là était sûrement leurs destins de toute manière. Très optimiste, la jeune femme n'a pas peur de mettre en avant autant ses qualités que ses défauts, dans tous les cas, cela finira par lui être bénéfique. Son égoïsme, elle en est totalement consciente, et malgré le défaut, elle n'essaye pas de le corriger, c'est pour le mieux, c'est pour le pire. Son côté maniaque et sa recherche du parfait esthétisme sont à blâmer, mais ce n'est que pour se montrer un peu plus imposante après tout. Tout le mystère même qui réside en elle n'est qu'un leurre pour tromper toute personne qui tenterait de pénétrer dans son territoire. Et souhaitez-vous vraiment alors la connaître? Vous la connaissez déjà.

    « (…) Comment cela s'appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd'hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l'air pourtant se respire, et qu'on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s'entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève? »
    « Cela a un très beau nom (…). Cela s'appelle l'aurore. »
    Jean Giraudoux, Electre


    Car l'aurore est après tout ce qu'elle aime le plus. Il n'est pas un jour où elle ne se lève tôt le matin, devançant l'astre solaire pour admirer silencieusement l'aube ; ces quelques petits détails que l'on peut remarquer ne font que rappeler son caractère perfectionniste. Et la perfection, c'est un trait que l'on retrouve dans une de ses passions : le piano. Artiste complète, on penserait que la science infuse coule dans ses veines, hélas, il n'en est de rien, ce talent est le fruit de nombreuses heures d'entraînement, d'efforts, d'espoir et de désespoir; la jeune fille prône le travail, c'est la seule chose qui peut conduire quiconque aux plus hauts rangs. Cela explique pourquoi elle déteste au plus haut point les dits 'faibles' et lâches, elle ne supporte du tout les personnes qui passent leur temps à chanter quelques complaintes. De même, malgré tout le respect qu'elle s'efforce de contenir, il faut avouer qu'elle n'aime pas l'idée qu'il existe des personnes de son âge qui soient encore plus douées qu'elle, la frustration est parfois tant grande qu'elle ne peut la garder seulement pour elle. Tout être ne peut être parfait finalement. Tout être, sauf Alice. Le pays des Merveilles est un univers qu'elle a toujours adoré, cela influencerait même grandement son don. Un don qui fait toute la différence entre les élèves..
    Et au sein de cette académie, elle put le comprendre rapidement. Académie laquelle elle eut toujours un avis assez neutre, mais au fil du temps (et du développement de son don ainsi que sa popularité), elle apprit à apprécier ce lieu d'échanges et à vivre selon les règles imposées. Elle considère à présent cet établissement tel sa demeure familiale, une seconde famille, une vraie. Elle ne comprend pas vraiment comment l'on peut refuser violemment et se retourner contre l'administration qui se donne pourtant du mal pour ses élèves.. C'est du moins ce qu'elle croit et continuera malgré tout de croire.







    Si la curiosité est une vertu dont vous faites preuve, vous observerez alors qu'il est deux sortes de roses, celles qui sont blanches, quelques jours suffisent pour qu'elles flétrissent, c'est une beauté éphémère, mais une désolante tentative d'arracher d'un peu de noblesse. Il y a alors les roses noires, éternellement éclatantes dans leur deuil, elles ne fanent pas, car même fanées, le souvenir persiste. Aurora serait alors la rose noire. Si son caractère peut être représentée par une peinture d'un blanc immaculé, son physique serait alors tout le contraire, car c'est ce contraste qui fait d'elle une perle rare. Le teint laiteux, blanchâtre jusqu'à en être maladif témoigne de moitié de son origine étrangère -car malgré ses aïeux nippons, elle ne paraît pas du tout asiatique- ; c'est d'ailleurs pour conserver cette peau qu'elle ne sort jamais sans une ombrelle ou parapluie (lui donnant toujours un air un peu plus hautain, accompagnée d'accessoires tel un éventail). Seuls ses yeux légèrement bridés marquent son côté japonais. Ses yeux qui sont d'ailleurs de couleur noisette traduisent toute une malice qu'elle n'a pas peur de cacher, un regard qui souligne aussi la méprise qu'elle a pour beaucoup de monde tandis que se dessine souvent naturellement un sourire sarcastique. Les traits de son visage sont fins, avec un nez busqué et de petites pommettes; elle semble encore plutôt jeune malgré qu'elle ait dépassé la majorité, et en dépit de ses nombreux sarcasmes, elle sait encore rester douce, et elle l'est en fait la plupart du temps, cependant ce n'est pas pour autant qu'elle fait le portrait d'une petite fille. Disons juste qu'elle possède un brin d'innocence tout en étant mature. Et vous, qui pouvez désormais cerner son caractère, savez qu'elle aura beau paraître mignonne, tomber dans ses filets peut être fatal pour n'importe quel pauvre innocent.

    Et alors, tout comme les pétales qui se détachent de la fleur pour délicatement se déposer sur le cours d'une rivière, il semblerait que la jeune fille soit légère au point de pouvoir elle aussi flotter sur ces eaux paisibles. Plutôt élancée, Aurora frôle presque les 1m79 avec une très fine taille; pour toujours correspondre à son comportement pointilleux, ses repas sont très équilibrés et elle fait très attention à sa ligne. Toujours être au plus haut de sa forme, elle n'hésite pas à pratiquer régulièrement des activités physiques et ne se débrouille pas trop mal d'ailleurs. Pourtant, ce n'est pas vraiment un bon côté d'avoir un physique pareil, car ses courbes sveltes montrent qu'elle est par conséquent très faible, l'on pourrait même dire chétive, ne sachant de surcroit pratiquer aucun sport de combat ou de défense – ce n'est pas pour autant qu'elle s'inquiète, car elle se repose surtout sur quelques paroles encore plus persuasives qu'un coup offensif.

    Flotter au gré du vent; ses cheveux virevoltent dans une parfaite symphonie avec les brises du printemps. Lui arrivant jusqu'aux épaules, elle ne les garde jamais très longs, conformément à son éducation reçue où les jeunes filles ne devaient trop laisser pousser leurs cheveux sous peine de passer pour mal éduquée. Même si aujourd'hui ces idées ont pratiquement disparues, elle continue malgré tout de suivre ces règles à la lettre. De même, ses vêtements suivent la même règle et sont toujours assez sobres : ayant une attirance pour le style lolita, elle arbore un style plus épuré s'en inspirant : une chemise accompagnée d'une robe de couleur unie arrivant jusqu'aux genoux, quelques discrets accessoires, rien n'est laissé au hasard pour donner une bonne image. Ah les accessoires et détails superficiels.. Toujours est-il qu'elle est une fille, et dans ce domaine, elle ne fait pas exception, vernis, très discret maquillage, Aurora aime ces petites touches personnelles qui ne se voient quasiment pas. Ainsi, la posture toujours droite et la démarche assurée, elle paraît très polie et admirable. Mais l'est-elle vraiment ?


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MessageSujet: Re: Aurora K. Rozen ~ alice; you're not Alice. Jeu 26 Nov - 20:19





    Le premier cri, celui qui est séraphique, ce n'est pas un cri de joie, ni de peur, il est dénué de sentiment, vierge, ce n'est que la preuve que le bébé est vivant et en bonne santé, et c'est ainsi que débute chaque vie : l'être est encore neutre, ne connait rien, ne sait rien. Dix minutes passent. Un autre cri. Les jumelles Rozen sont nées en ce beau matin de mai, une pluie printanière berce cette naissance ; et qui dit naissance dit fête, joie, c'est un événement apporter bonheur à tout parent. Et pourtant, sur le visage de la mère épuisée, on ne lit aucune allégresse ou jubilation, il y a seulement peut-être un grain d'appréhension. Tandis que les deux nourrissons pleurent presqu'avec acharnement, c'est un sentiment de malaise qui envahit la salle, accompagné par un silence qui s'installe progressivement dans cette lourde atmosphère ou personne n'ose dire un mot. L'une s'appelle Kimitsu, signifiant 'secret', l'autre est prénommée Aurora, ode à l'aurore qui chasse la nuit tous les matins. Celle sur laquelle on se focalisera est la dénommée Aurora, elle qui détiendra plus tard « le secret de l'aurore ». Pour mieux comprendre l'ambiance macabre qui s'est emparée de la salle, il faudra revenir six mois plus tôt, car la racine de l'histoire ne débute pas à la naissance, mais bien avant.

    « Chéri, je suis enceinte. »

    Un sourire timide traduit une euphorie qui s'installe farouchement dans le coeur de la jeune femme. Son nom est Marriane Pandora Rozen, encore très jeune à ce moment-là, à peine âgée de 24 ans, et anciennement étudiante modèle de la prestigieuse université de Tokyo : Todai. La jeune femme avait abandonné tous ses projets et rêves d'antan pour aller s'installer avec son amant, sortant à peine de l'école pour s'enfermer ailleurs. Son potentiel était pourtant grand et son talent incontestable, ce n'était qu'une déception pour tous ses professeurs. Le futur père, qui lui s'appelait Matthieu Rozen, était également un ancien élève, lui par contre étranger, venant d'Angleterre; il était le fils de musiciens célèbres. Le cadre de la famille était donc relativement aisé, ils possédaient en fait un grand manoir dans lequel toute la famille Rozen vivait. Oui, car la famille Rozen est renommée pour le très haut niveau atteint quelque soient les domaines, certains étaient des génies de la musique, d'autres des avocats renommés, d'autres encore tenaient des firmes; tous étaient hauts-gradés. Seulement voilà, une chose que ne savait Marriane en intégrant cette mystérieuse famille, c'est les préceptes et traditions auxquels jamais encore personne n'avait désobéi au sein du foyer. N'avoir qu'un seul enfant, que ce soit une fille ou un garçon faisait partie des règles d'or. Sans réellement savoir à chercher pourquoi, tous obéissaient pratiquement aveuglément, car il s'agirait d'une prédiction communiquée aux ancêtres, comme quoi un malheur s'abattrait sur ceux qui oseraient avoir plus de deux enfants. Bien sûr, il y avait d'autres règles, certaines ridicules comme d'autres compréhensibles. Mais très croyants, superstitieux et fuyant le malheur comme la peste, il n'y avait alors eu aucune exception. Jusqu'à ce jour là... Trois autres mois ont passé. On découvre que Marriane porte en elle des jumelles. Des jumelles. Le mot fatal qu'il aurait mieux fallu cacher. S'en suivent disputes, débats, certains pensaient qu'il fallait bannir la future maman de la famille. D'autres disaient qu'il fallait assassiner une des deux petites à la naissance. D'autres encore jugeaient absurde de croire à cette prémonition, et conseillaient de tout simplement garder les deux. La nouvelle ébranla toute la famille, c'était la remise en cause totale des différents préjugés qui régnaient, divisant déjà en plusieurs groupes les différents membres, tel un miroir jusque là uni, brisé en une fraction de secondes. Mais le patriarche trancha. L'une d'entre elles allait mourir. Lors de la septième année, celle de la bénédiction, celle qui porte chance. Triste destin avant même d'avoir pu goûter à la vie... Etait-ce encore possible et crédible de constater une telle histoire dans un siècle où les civilisations sont plus développées? Cela dit, face aux actes barbares des guerres passées du même siècle, cette décision n'était pas plus choquante aux yeux du dit patriarche. A partir de ce jour-là, Désunion et Malaise avaient frappé à la porte du manoir et s'étaient installés comme des membres à part entière de la famille. La prémonition ne s'était-elle pas déjà en partie avérée vraie ? Les tensions étaient bel et bien présentes dans cette demeure, et ce à cause de l'enfant de trop...

    Maman... J'aimerais pouvoir retourner dans le passé. Si l'on m'a fait un don, pourquoi ne puis-je pas l'utiliser au moins pour faire plaisir à mes proches? Pourquoi a-t-il fallu un don comme celui-ci? Je n'en veux pas.

    Rires. Trois années se sont écoulées depuis la venue au monde de Kimitsu et de Aurora. Les deux petites s'amusent gaiement ensemble, totalement inconscientes de leur situation actuelle. La jeune mère essayait tant bien que mal d'apprécier ce laps de temps et de profiter au maximum de ce bonheur éphémère. Matthieu se faisait de plus en plus rare à la maison, c'est une absence qui faisait souffrir plus d'un coeur : le sien, celui de Marriane, et bientôt ceux des deux petites, ne comprenant pas pourquoi les autres enfants ont un 'papa' et pas elles, du moins, très rarement... Mais elles ne pourront méditer sur ce sujet longtemps, car à partir de cet âge, les deux petites suivront des cours rigoureux afin de développer diverses aptitudes. Déjà, on notait une capacité d'apprentissage plus rapide chez la petite Aurora, qui s'amusait innocemment à narguer celle qu'elle appelait « esgargot ». Les deux sosies durent aussi se prêter au jeu des cours de Lettres et de Courtoisie, afin de pouvoir plus tard éventuellement s'élever aux rangs de l'aristocratie nippone. Musique et chant, rien n'y échappe, c'est d'ailleurs à cette période là que Aurora développe un don pour le piano, jeune virtuose. C'est dans ce contexte serein que défileront les années, vivant cloitrées dans la demeure et très rapidement... Et déjà, les petites approchaient de leur septième anniversaire.

    « Kimitsu est devenue complètement folle ! Elle raconte n'importe quoi... Elle me parle d'une princesse aux cheveux très longs qui voulait l'inviter à une torture endormie de cent ans... »

    Cette dernière pleurait, c'était un affreux sanglot, s'approchant presque de la démence. Trois jours durant, elle refusa de manger quoi que ce soit, et s'enferma tout en marmonnant quelques mots bizarres. Heureusement, après un moment, l'effet s'arrêta et la vie reprit son cours normal, sans trop comprendre ce qui était arrivé à l'enfant. C'était la première manifestation du don de Aurora, qui l'avait utilisé inconsciemment pour se venger lors d'une banale dispute entre soeurs. On ne chercha pas à en apprendre plus sur ces symptômes, et la banale et inintéressante vie reprit son cours..

    « Joyeux Anniversaire ! Félicitations pour vos 7 ans, toutes les deux. »

    Cette parole empestait d'ironie. Le père qui revenait toujours de temps en temps, s'était réinstallé dans le manoir pour l'occasion. Un sourire de satisfaction se dessinant sur son visage, il avait l'air assez insoucieux et indifférent de ce qui allait arriver, bien que sa conscience était toujours présente. Les jumelles, Aurora habillée d'une majestueuse robe blanche, et Kimitsu d'une sobre robe noire, avaient été réunies dans la salle de conseil, honorées par la présence de toute la famille, venue assistée au triste spectacle contre leur gré. S'en suivit un discours des plus longs, que les gamines écoutaient d'une oreille sourde d'ailleurs. Mais le mot « mort » frappa leurs esprits d'une violence incomparable. A la fois terrifiées, et choquées par cette l'annonce incrédule de leurs destins, leurs visages étaient marqués par l'horreur, la vraie. C'était une mauvaise blague. Cela ne pouvait qu'être une mauvaise blague. Qu'était-ce cette histoire de malheur, qu'elles avaient déjà causé suffisamment de tort à tout le monde, qu'il fallait en finir ce soir avec l'extinction d'une des deux jeunes filles.. Impossible. C'était un cauchemar... non?

    Maman, on ne peut retourner dans le passé... On ne peut plus changer les choses... Mais explique moi au moins la folie de ce soir là.. Je ne comprends pas.


    Un silence d'enterrement régnait dans la salle. Tous baissaient leurs têtes, honteux de ne pouvoir rien faire, honteux de n'oser agir, tandis que la mère sanglotait, muette, se cachant autant que possible dans ses larmes. D'un geste net et précis, Matthieu, lui claqua des doigts, et aussitôt, deux gardes de la maison vinrent attraper brutalement Kimitsu par le poignet, celui qui donnait les ordres se dirigea ensuite vers Aurora pour poser délicatement ses mains sur ses épaules. Frissons.

    « Aurora... Tu as désormais la responsabilité de garder ce secret, ne salis pas l'honneur de la famille Rozen. Tu t'appelles désormais Kimitsu Aurora Rozen, notre enfant bénie. Ta responsabilité ne s'arrête pas là... »

    Paroles incompréhensibles, en fait, elle devait avoir écouté un mot sur deux sans en saisir le sens, tout était trop insensé, le regard de la petite fille était vide d'expression, concentrant sa vision sur son 'autre elle'. Nous sommes en 1996, comment une telle chose pouvait réellement arriver? Soudainement, beaucoup de pensées traversèrent son esprit. Des pensées qu'une enfant de sept ans n'avaient pas à se soucier normalement. Des questionnements tel 'la police ne le laisserait pas s'en sortir comme ça, si?'. L'air de rien, le père lui fit tenir une dague dans sa main droite, sans trop qu'elle s'en rende compte, encore trop choquée et trop incrédule devant cette situation. Elle s'appelle Aurora, elle a sept ans, et.. L'ambiance était plus lourde que jamais. La pluie battait fort dehors. La salle semblait désormais mal éclairée, ou peut-être n'était-ce que sa vision qui était défaillante. Mais elle vivait un réel cauchemar. Son coeur battait la chamade. Et encore plus. Un petit plus encore. Voyant qu'elle restait plantée là, sans rien dire, sans rien faire, son géniteur la fit approcher de sa jumelle, qui pleurait bruyamment. /SLASH/ Le coup avait été porté. C'était confus. Son père avait posé sa main sur la sienne, et la guidant ainsi, lui fit commettre ce crime impensable. Et... le noir complet.

    Maman.. J'ai mal. J'ai très mal au coeur. Et tu ne peux guérir mes maux...


    Réveil douloureux. Aurora sourit un moment en pensant à ce rêve absurde. Baillant silencieusement, elle se leva pour aller dans la chambre d'à côté, celle de Kimitsu, pour la réveiller. C'était une habitude acquise au fil du temps. Mais, ô combien fut l'horreur qu'elle perçut en ouvrant la porte... La chambre était vide, il n'y avait plus rien. C'était comme si toute l'existence de sa jumelle avait été gommée d'un seul geste solennel. Effroi, répulsion, l'envie soudaine de vomir. Ce n'était pas un rêve. Ce n'en était pas un...

    L'incident fut reporté à la police, pour des raisons qui lui sont encore aujourd'hui obscures, ni elle, ni son père ne furent reconnus comme auteurs du crime; ils avaient réussi à camoufler la mort. Et d'ailleurs, était-ce elle qui l'avait tuée? N'était-ce pas son père? Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Devant l'absurdité d'une telle invraisemblable histoire, elle essaya de se contenter de ne plus y penser. Ce n'était pas la première affaire que l'on n'élucidait pas de toute façon. A partir de ce jour là, la petite comprit toute l'horreur du monde. Le bien et la justice ne triomphaient pas toujours comme on le répète trop abusivement. Il fallait se battre pour être au sommet, il fallait juste écarter les autres du chemin, car de toute façon, les fautifs n'étaient que rarement reconnus. Se battre... pour soi-même, ensuite pour ceux qu'on aime.

    Quelques semaines s'étaient écoulées. Beaucoup de la famille s'étaient enfin décidé à oser quitter la demeure familiale et à faire ce qu'ils voulaient vraiment. Quand à son père, il repartit en voyage d'affaires. De toute manière, elle ne souhaitait pas savoir ce qu'il en était de lui, elle ne le considérait plus comme sa famille. Peu après, sa mère décéda d'une violente dépression, laissant seule sa fille. Seule? Pas très longtemps, car la fameuse lettre de l'académie Takuetsu arriva du jour au lendemain. Et le jour d'après, sans trop réfléchir, elle avait décidé de son propre gré d'intégrer l'école. Que pouvait-elle faire de toute façon? Si jeune déjà, elle comprenait déjà que c'était comme une deuxième chance qu'on lui offrait. Elle n'avait pas peur de l'inconnu.

    Les débuts furent alors durs. Très durs. Elle était loin d'être fière de ses notes scolaires, d'autant plus qu'elle était la risée de la classe, n'arrivant pratiquement pas à maîtriser son don. Impossible de le déclencher lorsqu'elle le souhaitait, il était fortement lié à ses émotions, et encore, lorsqu'elle arrivait enfin à utiliser son pouvoir, cela ne durait que quelques secondes. La petite enchaîna échec sur échec, cible préférée des railleries de ses camarades. Et de nouveau, elle s'isola un peu plus de toutes ces personnes, oubliant peu à peu comment agir avec d'autres personnes.

    Une année s'écoula. Aurora s'était habituée à sa vie au sein de l'académie. Tout ce nouveau règlement stipulant le fait qu'on ne doit en aucun cas sortir de l'école ne la dérangeait pas du tout étant donné sa situation en dehors. Ce n'était pas pour autant qu'elle voyait la vie en rose, loin de là. C'était peut-être même lors des deux années qui suivirent qu'elle s'était plongée dans un état presque dépressif – on découvrait peut-être que la dépression pouvait effectivement atteindre les plus jeunes. Et pourtant... Qui put croire qu'elle s'en sortirait? Un miracle s'était abattu dans cette jeune personne. Grâce à l'aide d'un professeur, elle redoubla d'effort, et petit à petit, sut canaliser ses émotions et développer son pouvoir. Une minute. Deux. Trois. Le don s'étendait, devenait de plus en plus dévastateur pour ses victimes, conduisant jusque même à une démence temporaire, telle celle que connut sa jumelle défunte quelques dix années auparavant. Finalement, il ne lui fallut pas beaucoup de mal pour se réintégrer parmi ses camarades. Elle devint même rapidement populaire grâce à son tempérament calme et sympathique. Si bien que l'adolescente n'hésita même plus à faire part de son autorité de temps en temps...

    Aujourd'hui, Aurora a 20 ans. Elève brillante et assidue de l'université, elle doit faire partie des personnes qui chérissent le plus l'école, elle s'entête à penser que cet enfermement continu n'est que pour le bien des élèves. Comment pourraient-ils survivre en dehors, et maîtriser leurs dons sans cette école après tout? Ce lieu permettait de tisser des liens entre élèves qu'on n'aurait pu connaître ailleurs, vivre en permanence ensemble, apprendre à se connaître au fil du temps, cela aurait pu être possible dans un autre internat, mais largement différemment. Il ne fait aucun doute qu'elle souhaite apporter son aide autant qu'elle le peut, et rêverait même de pouvoir intégrer le corps enseignant dans un futur proche..



    Prénom : shwit ~
    Age : quelques centaines de décennies. Mais j'ai encore la peau lisse; c'parce que j'ai mangé beaucoup de pommes.
    Comment avez-vous connu le forum ôô ? : Alors en fait c'est une longue histoire. Je mangeais une pomme, j'ouvre internet ce qui prend une bonne dizaine de minutes car mon ordinateur est stupide, c'est alors que me vient l'idée de taper 'pomme' sur google, et de liens en liens je suis tombée sur ce forum que j'ai trouvé fort chouette, si si !
    Qu'en pensez-vous ? : Rien du tout. (ça veut dire que je l'aime beaucoup ; )
    code ? : nyaou (mélange de nya et miaou? Et pourquoi les chats ils font nya ou miaou d'abord?) ; ô Zouik.




Dernière édition par Aurora K. Rozen le Sam 28 Nov - 16:40, édité 1 fois
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